Entre l’élection d’Hugo Chavez en décembre 1998 au Venezuela et l’élection d’Ollanta Humala au Pérou en juin 2011, c’est tout un continent ou presque qui a vu une myriade de peuples reprendre démocratiquement leur destin politique en main après avoir joué bien malgré eux les rats de laboratoire de la contre-révolution libérale…
Au commencement était la th
érapie du
choc…
Nous sommes là dans l’arrière-cour historique et géopolitique des Etats-Unis… La maximisation du taux de profit trouva alors dans cette « Amérique aux Américains » (Monroe) un formidable terrain de jeu… Les régimes devinrent bananiers ; les militaires, des auxiliaires dévoués de la CIA et les coups d’Etat (Pinochet au Chili, Videla en Argentine, Somoza au Nicaragua, Stroessner au Paraguay…), une sorte de débouché politique « naturel » des théories économiques des Chicago Boys de Milton Friedmann…
Au tournant du millénaire, vint le temps du bilan…
Evidemment, après 30 ans de cure d’austérité, un latino-américain sur 2 vivait en dessous du seuil de pauvreté (x2 entre 1980 et 2004)… Lessivée, rincée, essorée ; c’est une Amérique latine, exsangue, championne du monde des inégalités que les marchés financiers envisagèrent alors de saigner… Et c’est ainsi qu’éclata la crise de la dette, ce formidable accélérateur de l’Histoire…
Du choc au contre-choc…
Dans un seul et même élan, les peuples d’Amérique latine passèrent de l’oligarchie de marché à la reprise en main démocratique
du marché… Et, c’est notamment l’Argentine qui donne le ton en suspendant le remboursement de sa dette pendant trois ans (2003), avant que l’Equateur ne fasse de même en 2008… Déferlait alors une
vague plus
ou moins rouge sur le continent… 2002, Brésil (Lula)
; 2003, Argentine (Kirchner), 2004 ; Uruguay (Tabare Vasquez), 2005, Honduras (Zelaya) ; 2005, Bolivie (Moralès) ; 2006, Equateur (Correa) ; 2006, Nicaragua (Ortega) ;
2008, Paraguay (Lugo)…
Elu(e)s et réélu(e)s…
Or, si l’on jette un dernier coup d’œil dans le rétroviseur, on constate que Chavez, Lula, Moralès, Correa, Kirchner ont tous été réélus… A la différence du balai des alternances ; les authentiques alternatives sont durables car elles contribuent effectivement à ce que l’indignation citoyenne devienne révolution citoyenne ; condition nécessaire d’une réappropriation du politique par le plus grand nombre…
A n’en pas douter, c’est sur ce chemin là que le Front de Gauche est attendu au tournant… A lui, à nous, à vous, de répondre présent…
Nicolas MARJAULT








D’ici et de nulle part…
Cultiver la diversité
Lorsque l’on veut aller à l’essentiel, la lecture de Jacques Rancière est souvent du plus grand secours : « La démocratie n'est [pas] cette forme de gouvernement qui permet à
l'oligarchie de régner au nom du peuple (…). Elle est l'action qui sans cesse arrache aux gouvernements oligarchiques le monopole de la vie publique et à la richesse la toute-puissance sur les
vies » (« La Haine de la démocratie », La Fabrique, 2005)… La démocratie est donc ce mouvement collectivement recherché et assumé qui permet au grand nombre d’imposer l’intérêt général à la
minorité soucieuse de garantir la reproduction de l’ordre inégalitaire…
Alors que les affiches égayent les panneaux électoraux, que les réunions publiques font résonner les salles polyvalentes et que les
tracts s’engouffrent dans les boîtes aux lettres, il est tentant de prendre un peu de hauteur… Après tout, contrairement à ce que pensent bon nombre d’impétrants à la députation, ils ne sont pas
là pour caresser dans le sens du poil égoïsmes, corporatismes et irrédentismes mais pour coécrire le devenir d’une nation… 
Vent d’Est…
Vu de l’Ouest…
« Ne serait-il pas plus simple pour
le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »
Une oligarchie qui ne
dit pas son nom…
François Auguste à Niort
Votez pour
vous !
En 1995, le ministre allemand des finances, Théo Waigel, avait proposé a ses homologues européens un « pacte européen de stabilité » en
stricte conformité avec l’orthodoxie libérale (pas d’inflation, pas de déficit, pas d’endettement) et déjà, à l’époque, le retour en France de la gauche au pouvoir en 1997 s’était traduit par une
formidable acrobatie sémantique… L’austérité budgétaire s’était soudainement appelée « pacte de stabilité et de croissance »...
Moscovici, premier prix de gymnastique…
Syrisa, sinon
rien ?
Les 7, 8 et 9 juin
prochain, la ville de Niort va donc accueillir une première mondiale, avec la sortie du spectacle "Article 13", création conjointe de la compagnie Carabosse et de
la formation mexicaine, Teatro Linea de Sombra... Inspirée du treizième article de la "Déclaration universelle des droits de l'Homme", cette très grande forme artistique - la surface de
jeu s'approche de l'étendue d'un terrain de football - est une plongée documentaire et plastique dans le monde des migrants...
Aux arts,
citoyens!
Acte II…
Démocratisation culturelle…
Par tous et pour tous…
Si
vous questionnez vos amis sur les résultats des législatives en Grèce, vous risquez d’être surpris, soit par le silence poli qui va suivre, soit dans l’hypothèse assez farfelue d’un
philhellénisme de bon aloi, par la moue dubitative qui prolonge généralement la question suivante : « Ce ne sont pas les néonazis qui ont gagné ? »… Et non, les fachos n’ont
pas gagné ; et oui, on a peine à le croire tant ils sont les seuls, à avoir eu les faveurs des médias nationaux et internationaux…
Le changement, c’est
maintenant !
Les marxistes à 30% ?
Un jeune homme de 89
ans…
Rappelons que ce vote n’a jamais été purement « protestataire »… Rappelons avec Alain Badiou que « comme toujours, l’idée précède le pouvoir qui, à son
tour, façonne l’opinion dont il a besoin » (« Le racisme des intellectuels » par Alain Badiou, in « Le Monde », le 5 mai 2012). Dit autrement, ce sont les
nationalistes qui font les nations, pas le contraire (voir Ernst Gellner, « Nations, nationalisme », Payot, 1992).