LE
FILROUGE
le blog des élus communistes
niortais
De l'importance du débat d'idées
Parler de politique culturelle suppose que l'on n'est pas en froid avec le mot politique. Une politique culturelle sans vision d'ensemble - c'est-à-dire sans projet - ; sans itinéraire à suivre - c'est-à-dire sans volonté - ; relève du sophisme et se traduira au mieux par une farandole bigarrée d'animations plus ou moins sympathiques.
J'ai coutume de dire aux acteurs culturels que je rencontre que la question du financement n'est pas première ; qu'un budget est un discours et que ce discours se décline en chiffres. Bien entendu, les chiffres peuvent, au bout des comptes, amender le discours mais ceux-ci ne doivent en aucun cas présider à l'écriture du discours. Si l'on était parfaitement cynique, on pourrait dire que sur ce point, la palme de la cohérence politique revient à l'Union Européenne qui n'a aucun discours et dont le budget culturel avoisinera les 0,03% pour l'année 2009.
La primauté du discours
Cette entrée en matière peut paraître largement démagogique à l'heure où après un demi siècle d'existence, le budget du ministère de « la culture commence encore et toujours après le zéro et la virgule »[1]. Sans parler du cas Niortais, exemplaire en matière d'indigence du financement culturel, j'y reviendrais.
Pourtant, loin d'être un faux-fuyant, cette question de la primauté du discours est, à mes yeux, essentielle. Je souscris entièrement à l'analyse de Jean-Michel Leterrier lorsque celui-ci regrette que « l'engagement » dans le champ des politiques culturelles n'est plus perçu que sous l'angle financier. Les convictions, les ambitions, les priorités se sont effacées derrière la question de la « Hauteur »[1]. C'est la ritournelle bien connu des acteurs culturels : la Ville s'engage à telle hauteur à condition que le Département, la Région, l'Etat et plus si affinités fassent de même. De discours et de projet, il n'en est nullement question ou à la marge.
Dans le domaine du débat d'idées
En fait, ce qui m'interroge ici, c'est le fait de poser la question des financements en général et des partenariats public privé en particulier comme portes d'entrée de raisonnements qui vont, au final, déboucher sur la notion même de politique culturelle. Pour dire les choses clairement, cela ne constitue pas, à mes yeux, une bonne porte d'entrée sur la culture.
J'assume pleinement le fait que je ne me situe pas dans l'opérationnel culturel confronté à la dure réalité de l'érosion de la manne publique, mais bien dans le domaine du débat d'idées. Et c'est justement l'idée que je me fais de la culture qui légitime, à mes yeux, ce débat et donc cette entrée en matière que l'on pourrait trouver déplacée.
Nicolas Marjault, adjoint à la culture
[1] Leterrier Jean-Michel, « Panser ou repenser la culture », Les Points sur
les I, 2005.
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