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Mardi 26 mai 2009

Volontarisme
Durant la campagne, nous avons défendu un programme. Lors des Assises de la Culture, nous avons publié un projet et défini des priorités. Cette année, nous avons construit un budget et un service culturel montrant si besoin en était que le volontarisme affiché en 2008 ne s’est pas dissout dans l’exercice des responsabilités. Maintenant, il est temps de traduire le cadre général d’une politique culturelle refondée en dispositifs singuliers adaptés aux champs artistiques ou institutionnels concernés. Comme promis lors des Assises, ce sont « les Compagnies professionnelles du spectacle vivant » qui ont ouvert le bal d’une concertation visant :
Primo, à préciser nos attentes politiques et vous retrouverez dans ce dispositif d’aide, notre souci récurrent d’ancrer l’innovation artistique dans le territoire et sur un temps long ;
Deusio, à harmoniser nos critères d’évaluation avec ceux ayant cours depuis quelques années au Département et à la Région ;
Tertio, à consolider l’emploi culturel et donc la création en donnant plus de visibilité (accroissement des conventions triennales) et plus de moyens financiers (l’enveloppe globale a été multipliée par deux) aux compagnies concernées.
Je ne pouvais présenter ce texte sans dire un mot de l’implication pleine et entière de tous les acteurs concernés. Un grand merci donc aux agents du service culturel, aux administrateurs et directeurs de compagnies, aux syndicats du spectacle vivant. En effet, trois assemblées plénières et trois entretiens personnalisés ont été nécessaires pour aboutir à un document utile aux artistes puisqu’ils perçoivent mieux ce que l’on attend d’eux ; utile à la Ville qui est alors plus à même de suivre et d’évaluer ce qui se fait, ne se fait pas ou devrait se faire.
Au final, personne ne sera surpris de constater que l’action culturelle marque de son empreinte tout ce dispositif ; à l’image d’une démocratisation culturelle qui sert de fil conducteur à l’ensemble de notre politique.

Prudence
Il est encore trop tôt pour un bilan en bonne et due forme de la reprise en régie des concerts de la foire. Tout ce que l’on peut dire au jour d’aujourd’hui, c’est que nos propres interrogations sur les infrastructures inappropriées en terme de jauge et d’acoustique, sur le déphasage temporel entre le rythme de la foire elle-même et les offres de concerts, sur le manque de lisibilité d’une billetterie mêlant l’entrée sur le site et l’entrée en salle, sur la déconnection entre une politique culturelle qui s’attache à soutenir des artistes émergents et une foire dont la vocation première reste éminemment commerciale.
Tous ces éléments ont sans nul doute contribué peu ou prou à décevoir quelque peu nos attentes et ce, malgré l’investissement considérable de tous les agents de la collectivité et de nombreux élus ; et permettez-moi de remercier ici en plus de Madame Le Maire et son premier adjoint, Jean-Claude Sureau et Patrick Delaunay qui ont très largement œuvré pour offrir à tous les Niortais, des spectacles que tout le monde s’est accordé à trouver de grande qualité. Dans un entretien publié dans le magazine « Détours et des nuits » (avril 2008), nous avions clairement affirmé qu’ « sur la reprise en régie des concerts de la foire, notre religion n’est pas faite ».
L’exception à de multiples titres que constitue le concert de Zut, véritablement plébiscité par de très nombreux spectateurs nous invite à faire preuve de la plus grande prudence à l’heure du bilan. Nous allons attendre d’avoir tous les éléments quantitatifs et qualitatifs pour tirer les conclusions les plus pertinentes pour l’édition à venir.

Un art de rue à part entière
Primo, il n’y a pas le bon « Graff » et le mauvais « Tag» ; l’un comme l’autre entretenant un rapport ambigu « aux biens publics et immobiliers » pour reprendre la terminologie de la législation française.
Deusio, toutes les « interventions aérosols » ne se valent pas ; la maîtrise des techniques, la prise en compte du support, l’insertion dans l’environnement urbain varient considérablement d’un tag à l’autre, d’un graff’ à l’autre.
Tertio, la controverse « art ou vandalisme » a maintenant près de 40 ans et même la grande rétrospective organisé au Grand Palais en mars-avril 2009 a donné lieu à de nouvelles polémiques sur la légitimité de ces « œuvres » dans un Musée. Déclinée à l’échelle de Niort, la question essentielle concerne la place que nous souhaitons faire à cette approche graphique dans notre Ville.
Ce questionnement est d’autant plus incontournable que nous avons fait des « arts de rue », une de nos priorités artistiques. Nous devons donc définir assez rapidement nos attentes politiques en ce domaine. Tag et graff’ comme tous les arts de la rue permettent non seulement de se réapproprier la Ville mais contribue aussi à fabriquer l’espace public et à créer du lien social. Reste qu’intégrer tag et graff’ dans une politique culturelle n’est pas si simple.
Les acteurs concernés ont largement été ignorés des pouvoirs publics (ou alors sous un angle répressif) et entretiennent de ce fait un rapport distant aux institutions. Heureusement, quelques collectivités ont travaillé à la mise en place de dispositifs publics qui permettent non seulement aux graffeurs de pratiquer sereinement leur activité mais aussi à la collectivité « d’esthétiser » la Ville. Depuis 2002, l’agglomération rennaise propose un bel exemple de dispositif qui mêle dans un même élan : concertation permanente avec les acteurs (artistes, élus, maisons de quartiers, médiation sociale, police nationale…), mise à disposition d’espaces publics et commandes publiques professionnelles.
Bien entendu, il ne faut pas attendre d’une telle politique qu’elle soit un pare-feu aux dégradations des « biens publics et immobiliers ». En revanche, elle participe grandement à la reconnaissance d’acteurs culturels souvent jeunes qui parfois, cèdent facilement aux sirènes de la victimisation. De même, cette politique pourrait aussi contribuer à jeter des passerelles entre artistes et propriétaires privés ; ce qui, à long terme, contribue non seulement à la cohésion sociale mais aussi à faire reculer bon nombre de « verrues » au cœur de la Ville.

Interventions de Nicolas Marjault, adjoint à la Culture, lors du Conseil municipal du 11 mai 2009.

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