« Rien ne sera plus comme avant »… Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le ministère de l’Ecologie… Nous sommes le 17 septembre et l’on m’invite à
entrer « dans le monde d’après », un monde où « la révolution a déjà commencé », un monde où la croissance est verte, les prêts, les bonus et les fiscalités sont écologiques…
Diantre ! « Septembre vert » serait-il en passe de rayer de nos tablettes « Octobre rouge » ? Borloo aurait-il succédé à Lénine laissant à Cohn-Bendit le rôle ingrat de Trotsky ? Où tout au
contraire, n’assisterait-on pas à l’avènement d’un impérialisme culturel d’un genre nouveau armé de son vocabulaire (vert, durable, carbone, …) et doté d’une formidable capacité à recycler ce
qu’il était supposé combattre (le productivisme, la financiarisation, les inégalités …) ?
Ainsi, l’écologie de marché verdit l’exploitation, le profit et, même les pollutions (voir l’exemple parlant des droits à polluer)… Aujourd’hui, lorsque vous allez
sur le site de France Telecom et que vous cliquez sur l’icône « responsabilité », le PDG Didier Lombard ne prend pas acte de la sienne dans les suicides à répétition des salariés de son groupe
mais glose avec talent et emphase sur sa «démarche de responsabilité d'entreprise et de développement durable » qui «contribue fortement à la performance globale du Groupe en
favorisant la création de valeur à long terme » avant de préciser « plus concrètement, [qu]’une de nos priorités pour 2009 sera de renforcer nos offres de produits et services «
responsables », pour aider nos clients à relever le défi du développement durable. » On le voit Didier Lombard a depuis longtemps découvert les vertus du capitalisme vert et malheureusement,
ce n’est pas lui qui au final acquitte la facture…
Espérons donc simplement que rien ne sera plus comme maintenant…
Nicolas Marjault
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