Dimanche 4 octobre 2009
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Les jeunesses UMP à l’initiative de la manif’, l’opposition municipale en tête de cortège et des tracts appelant à bouter les dirigeants nord-coréens hors de
l’Hôtel de Ville… A l’évidence, la droite niortaise avait élu domicile dans la rue ce samedi… Doit-on voir dans le parcours emprunté la marque du refoulé ? Quoi qu’il en soit, nos manifestants
auront pu noter que défiler dans des rues sans voiture, c’est militer en toute sérénité… Enfin, jusqu’au parvis de l’Hôtel de Ville car là, pour le coup, c’est une certaine idée de la République
qui fut sévèrement chahutée…
Le coup double de la droite
Une chose est sûre en tous les cas, la piétonisation a considérablement ravivé le clivage droite-gauche sur la Ville. A première vue, on pourrait le regretter tant
à gauche, nous aurions préféré que ce samedi 3 octobre soit le point d’orgue de la votation citoyenne sur le devenir de la Poste… D’un point de vue purement médiatique, l’UMP aura donc fait coup
double marginalisant les initiatives des Vitrines de Niort et réduisant les urnes jaunes au rang de bornes jalonnant le passage de ces gentes dames et beaux messieurs vêtus de noir. Dommage mais
néanmoins instructif à condition que l’on ne se méprenne pas sur le sens profond de cette manifestation.
L'intérêt général
Il ne s’agit pas de réduire l’opposition droite-gauche sur ce dossier à des jeux de mots ou de mains ; ni même de caricaturer une
droite dopée à la pollution et une gauche aux poumons propres mais bien de percevoir derrière cette ligne de fracture, l’essence même d’une distinction irréductible aux sirènes de l’ouverture,
insoluble dans les alliances, indépassable dans les urnes.
Soyons clairs. Même si, faisant preuve d’une très grande mansuétude au regard de ce qui s’est passé samedi, nous admettons qu’il était peut-être parmi les
manifestants des personnes prêtes à imaginer la possibilité éventuelle d’une extension du périmètre piéton sur la Ville ; reconnaissons malgré tout que cette hypothèse ne serait admissible à
leurs yeux qu’une fois revue et corrigée à l’aune de leurs intérêts singuliers. Et c’est là que nous touchons à l’essentiel… Dans une approche libérale de l’ordre social, c’est l’addition
d’égoïsmes plus ou moins régulés qui doit faire loi… Dans une approche marxiste, c’est l’intérêt du plus grand nombre qui doit fonder l’intérêt général… Après, c’est à la démocratie républicaine
de trancher.
Nicolas Marjault, adjoint à la culture
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