LE
FILROUGE
le blog des élus communistes
niortais
Nous n'avons jamais eu un
président aussi omnipotent et dans le même temps, jamais l'Etat ne s'est à ce point défaussé de ses responsabilités. Nous n'avons jamais autant entendu parler de sécurité et jamais la précarité
n'a eu à ce point force de loi. Nous n'avons jamais été perfusé de mauvaise conscience écologique et jamais la loi d'airain du capitalisme n'a été à ce point dévastatrice pour l'ensemble du
vivant. Nous n'avons jamais eu un contexte aussi favorable pour un décryptage marxiste des enjeux du moment et jamais la gauche n'a semblé aussi éloignée de cette grille de lecture politique.
Nous pourrions continuer ainsi longtemps et nous finirions par simplement par mettre à jour ce que nous percevons tous de manière plus ou moins nette ; à savoir, une ère de grande
confusion... Dans un tel contexte, la gauche en général et le Parti Communiste en particulier se doivent de tenir un discours clair et transparent.
Dans un parti démocratique, la souveraineté appartient aux adhérents. Bien entendu, l'exercice réel de cette souveraineté suppose une connaissance partagée des enjeux, un questionnement
clairement posé et un mode de consultation irréprochable. Depuis le 24 octobre 2008, le Parti Communiste s'est engagé dans ce qu'il est convenu
d'appeler aujourd'hui le Front de gauche, orientation confirmée lors du 34ème Congrès et étrennée dans les urnes lors des élections européennes. Voilà donc près d'un an que le PCF défend avec constance le triptyque « contenu-rassemblement-majorité », triptyque qui se lit bien de gauche à droite et non l'inverse. Bien sûr, cette orientation n'a pas réglé, loin s'en faut, toutes les questions posées à la gauche en général et au Parti Communiste en particulier. Quelle finalité pour le Parti Communiste dans le cadre d'un Front de gauche durable ? Quelle ambition pour l'analyse marxiste ? Quel rapport aux institutions ? Etc... On le voit les chantiers à venir sont conséquents et ne sauraient se régler d'ici les prochaines échéances électorales.
Dans un tel contexte,
crier haro sur les appareils, c'est non seulement mépriser l'engagement citoyen mais c'est aussi céder aux sirènes de la pipolisation de la vie politique. Dans un tel contexte toujours, la seule
posture antisarkozyste ne constitue pas, loin s'en faut, un pedigree de gauche, ni même une assurance électorale. Dois-je rappeler à ce propos les résultats des européennes ? Qu'on le
veuille ou non, au jour d'aujourd'hui, l'urgence porte sur les contenus... Pôle public bancaire... Transports publics ferroviaires... L'emploi, l'éducation... Etc... Avec le Front de
gauche au moins, la politique reprend ses droits...
Nicolas Marjault
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